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L'agriculture sur le bassin

Publié le 29/10/2020

Les activités agricoles et viticoles sont intimement liées à l’eau : cultures céréalières, maraîchères, polyculture, élevage … Elles sont pensées l’une au regard de l’autre, et en cohérence avec les spécificités de chaque territoire. L’abondance ou la rareté de l’eau influe sur la richesse des productions.

Une activité très importante sur le bassin

Adour-Garonne est un bassin  hydrographique largement rural. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Mais n’oublions pas que l’agriculture subit aussi de fortes mutations depuis des années avec, par exemple, la perte de 34% des exploitations agricoles entre 2000 et 2020.

50 % de surface agricole utile (SAU) par rapport à la superficie du bassin

1/3 des exploitations françaises

230 000 emplois directs ou indirects

Des productions variées, des filières organisées

La variété des reliefs, des climats et des terroirs a généré une grande diversité de productions, dont les principales orientations sont les grandes cultures, l’élevage de bovins, d’ovins et de caprins, une polyculture-élevage et de grandes zones de viticulture.
Cette diversité a permis de développer un grand nombre de filières agroalimentaires adaptées et implantées dans toutes les régions du bassin.

Quelques exemples de productions emblématiques :

  • Production lait de brebis pour Roquefort
  • Viande Bovine de race Limousine ou Blondes d’Aquitaine (filière « Blonde d’Aqui » dans le pays Basque et le Béarn)
  • Fruits et légumes en zone de Garonne moyenne
  • Ail rose de Lomagne 
  • Blé dur sur le Lauragais
  • Maïs sur le bassin de l’Adour

Des produits reconnus

En termes de produits de terroirs spécifiques au territoire, on pense bien sûr aux huitres et autres coquillages marins, ou encore aux bons vins du Sud-Ouest : Bordeaux, Cahors, Cognac, Gascogne, Fronton, Gaillac, Bergerac, etc.
Toutefois les produits de terroirs et de qualité sont encore bien plus nombreux et variés. 20% des exploitations produisent avec un signe d'identification ou un label comme l’appellation d'origine contrôlée (AOC), l’appellation d’origine protégée (AOP), ou encore l’indication géographique protégée (IGP, par exemple l’agneau de lait des Pyrénées, l’Armagnac et l’asperge des sables des Landes). 
L’agriculture biologique est extrêmement dynamique puisque le bassin Adour-Garonne est le premier des 5 bassins métropolitains en matière de conversion vers l’agriculture biologique.

16 % de la surface agricole de la région Occitanie en agriculture biologique en 2019

17 659 exploitations en bio en Occitanie (1ère région) et en Nouvelle Aquitaine en 2019

7 % de la surface agricole de Nouvelle-Aquitaine en agriculture bio en 2019

L'impact de l’agriculture sur l’eau et les milieux

Toute activité influence son environnement. Dans le cas de l’agriculture, son étendue sur la moitié de la surface du bassin implique que cette influence, positive comme négative, est forcément très forte. Au regard de la qualité et de la quantité de l’eau, ou de la qualité des milieux, les principaux problèmes rencontrés concernent : 

  • les nitrates,
  • le phosphore
  • les phytosanitaires, 
  • l’érosion des sols qui entraine les matières en suspension (MES) dans les cours d’eau et les lacs ce qui cause :
    • Le colmatage des fonds des cours d’eau et des frayères,
    • le comblement des lacs et l’apport d’éléments nutritifs pouvant ensuite dériver vers l’eutrophisation
  • étiages sévères voire a-secs de certains cours d’eau
  • accélération des flux d’eau en bassin versant qui viennent augmenter la fréquence et la force des crues. 

Parmi cet ensemble d’effets induits pouvant se cumuler, les principaux impacts sur l’eau et les milieux aquatiques relèvent des pollutions, des prélèvements de la ressource en eau et d’aménagements de manière générale.

Les pollutions

Dans ses activités d’élevage ou de culture, l’activité agricole peut générer des pollutions qui gagnent les rivières ou s’infiltrent dans les sols jusqu’aux nappes d’eau souterraines.
En effet, les produits phytosanitaires et fertilisants deviennent polluants dès qu’ils se dispersent en dehors des parcelles soit par surdosage, soit par dérive éolienne, soit par lessivage ou ruissellement  et érosion des sols. On parle alors de pollutions diffuses. Elles peuvent être provoquées également par des stockages défaillants des effluents d’élevage voire par des rejets directs dans les milieux naturels.

Les effets à long terme

La spécificité de ces pollutions est le décalage temporel entre le moment de l’utilisation des produits et leur détection dans l’eau et les milieux aquatiques
La priorité du bassin Adour-Garonne est la protection de l’eau utilisée pour produire de l’eau potable. Aujourd’hui, l’eau contient des nitrates et/ou des produits phytosanitaires dans une grande majorité des captages. Dans les zones particulièrement concernées, l’action préventive au niveau du captage et de son aire d’alimentation s’impose. L’agence de l’eau focalise alors ses aides pour modifier les pratiques afin de rétablir la qualité de l’eau à long terme. L’enjeu est de pouvoir délivrer à la population une eau de qualité à un coût acceptable et éviter la fermeture du captage pour cause de non-conformité.

L’irrigation

Sur les 5,5Mha de SAU (surface agricole utilisée) du bassin, 3 millions d’hectares en cultures dont 500 000 ha irrigués. 25 000 exploitations sont irrigantes (20% des exploitations agricoles du bassin). Les prélèvements agricoles s’élèvent en moyenne à 900 Mm³/an sur 2.3 Mdsm³/an prélevés au total, tous usages confondus (industries, eau potable, etc.). Ces prélèvements agricoles représentent 42% des prélèvements sur l’année, mais c’est sur la période d’étiage qu’ils sont les plus impactant et représentent 68% des prélèvements totaux. 

L’érosion des sols

Outre les conduites techniques des productions, l’aménagement du territoire et la dégradation des sols sont la cause principale de ces impacts. L’érosion notamment, est à la fois une perte de potentiel de production pour l’agriculteur et un impact pour l’eau et les milieux. 
Les pertes en terre dues à l’érosion hydrique des sols sont plus importantes dans le Sud-Ouest que la moyenne nationale, allant jusqu’à plus de 20 t/ha/an (et des extrêmes à 50t/ha/an). La perte de matière organique diminue aussi la fertilité des sols. C’est donc à la fois une perte pour les agriculteurs, une dégradation de la qualité des eaux et des milieux aquatiques et une perte de potentiel de production pour l’avenir.

Le cadre d’intervention de l’agence de l’eau

Face à l’ampleur de ces problématiques, l’agence de l’eau intervient en faveur de la préservation de la qualité de l’eau et d’une gestion équilibrée de la ressource. L’axe de travail principal pour atteindre ces objectifs est de contribuer au développement d’une agriculture multiperformante qui permet de faire vivre ses agriculteurs  en préservant l’eau, les milieux et la biodiversité du bassin.

Pour aller plus loin

Les produits phytosanitaires 

La France est un des plus grands utilisateurs européens de produits phytosanitaires (herbicides et fongicides ). Les coûts liés à la pollution de l’eau par les produits phytosanitaires s’évaluent au niveau national entre 300 et 600 M€/an, soit un ordre de grandeur équivalent à celui de la pollution par l’azote.
Chaque année, 13 200 T de matières actives sont vendues sur le bassin, soit ¼ des volumes de la France sur 1/5 du territoire. Sur les 409 substances vendues, 10 substances représentent plus de 60% des volumes vendus.

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