Les eaux souterraines

Publié le 27/10/2020

Les eaux souterraines, invisibles par essence, sont pourtant essentielles aux différents usages de l’eau en Adour-Garonne. Plus de la moitié du bassin dispose d’une ressource profonde potentielle ou exploitée.
C’est une vraie chance : préservons-la !

Le cycle de l'eau et les eaux souterraines

Qualité des eaux souterraines

L’eau souterraine : de l’eau contenue dans les roches

La diversité des roches réservoirs, ou aquifères, combinée à celle des climats et des paysages, entraîne une grande variété de nappes d’eau souterraine, à la fois en taille, en profondeur et en comportement.
Les nappes profondes ne sont ni des lacs ni des cours d’eau souterrains. L’eau est contenue dans les roches poreuses saturées par les eaux de pluie qui se sont infiltrées, généralement il y a plusieurs dizaines de milliers d’années.
Les nappes libres communiquent directement avec la surface car aucune couche imperméable ne les recouvre, le sol n’est que partiellement saturé et les eaux de pluies s’infiltrent jusqu’aux nappes. Son niveau monte ou baisse en fonction des précipitations. Elle se renouvelle rapidement. Les nappes phréatiques appartiennent à cette catégorie.
Les nappes captives sont recouvertes par au moins une couche géologique imperméable qui confine l’eau. Sous pression, celle-ci peut jaillir dans des forages dits artésiens. Les nappes captives sont souvent profondes, quelques centaines de mètres voire plus. Elles se renouvellent plus lentement. Leur alimentation provient pour partie de zones d’affleurements. Lorsque moins de 5 % de ces eaux sont renouvelés à l’année, ces nappes sont dites fossiles.

Les nappes profondes du bassin

La commission territoriale « Nappes Profondes » a été créée. Les nappes concernées correspondent principalement aux parties captives des nappes du bassin aquitain, et aux parties libres associées.
Le territoire des nappes profondes s’étend sur la majeure partie du bassin Adour Garonne. Il est délimité au sud par le massif pyrénéen, au sud-est par la Montagne Noire, à l’est par le Massif central, et au nord par le seuil du Poitou et le Massif vendéen. Ainsi, plus de la moitié du bassin Adour-Garonne dispose d’une ressource profonde potentielle ou exploitée.

Le fonctionnement des nappes captives

Ces nappes sont généralement le prolongement des nappes libres au sein de couches géologiques perméables, poreuses ou fissurées, comprises entre des couches imperméables. L’eau présente dans ces aquifères est donc sous pression et circule très lentement : seulement quelques mètres par an.
Contrairement aux nappes libres, la capacité de recharge de ces nappes est limitée. Elle s’effectue par leurs affleurements de faible extension, et par les échanges entre nappes au travers des couches peu perméables qui les séparent. Le rééquilibrage entre les prélèvements et les entrées dans ces réservoirs peut demander plusieurs décennies, voire plusieurs siècles.

Les enjeux des eaux souterraines

La Directive cadre européenne sur l’eau (DCE) a pour objectif principal d’atteindre un bon état pour l’ensemble des eaux superficielles et souterraines. Maintenir une quantité d’eau suffisante dans les rivières et les eaux souterraines est essentiel pour l’alimentation en eau potable et le développement des activités économiques et de loisirs, mais aussi pour le bon état des milieux aquatiques. Le bassin Adour-Garonne connaît régulièrement des sécheresses et des périodes où les débits des cours d’eau sont très faibles.
L’enjeu d’une gestion équilibrée de la ressource en eau est primordial pour le bassin. La reconquête de la qualité des eaux souterraines fait aussi partie des 3 priorités du bassin Adour-Garonne (11e programme).
Concrètement, les besoins prioritaires aujourd’hui sont : 

  • restaurer le bon état quantitatif,
  • garantir un usage optimisé des nappes profondes,
  • éliminer ou réduire les pollutions anthropiques au voisinage des affleurements,
  • améliorer les connaissances sur les nappes profondes,
  • maîtriser les risques de contamination saline due à une recharge compensatoire avec de l’eau de mer.

Effets du changement climatique

  • Diminution de la recharge des eaux souterraines par précipitations et de l’infiltration en lien avec la baisse des débits moyens annuels des cours d’eau
  • Diminution significative de la recharge des eaux souterraines sur une grande partie des aquifères du bassin 

Les eaux souterraines non captives de la façade ouest du bassin, tout comme l’amont de la Dordogne et une grande partie du bassin de la Garonne sont particulièrement vulnérables. Ce statut correspond à la sensibilité actuelle (pression de prélèvement et capacité à faire face à une année déficitaire) croisée avec la baisse de la recharge estimée.

Les nappes captives sont stratégiques pour l’adduction en eau potable et devraient le devenir encore plus à l’avenir dans un contexte global de baisse de la recharge des nappes libres et de l’hydrologie. Le risque est bien réel du report futur, vers les nappes captives, de certains prélèvements pour l’adduction d’eau potable, actuellement prélevés en nappes libres et en rivière.

La gestion quantitative de ces nappes captives n’est pas indépendante de celle des ressources de surface. Dans certains contextes, elles contribuent localement à alimenter les cours d’eau par des sources. A minima leur niveau piézométrique doit rester tel qu’il n’impacte pas l’hydrologie des cours d’eau de surface.

La vulnérabilité « disponibilité en eau souterraine » à l’échelle des masses d’eau souterraines
En gris : secteurs à vulnérabilité modérée nécessitant des mesures d’adaptation génériques, flexibles et réversibles 
En rose : secteurs plus vulnérables nécessitant des actions d’adaptation fortes et plus structurantes 
 

Les nappes profondes

En chiffres

Superficie : 73 500 km2
Volumes prélevés : 293 millions de m3
Population alimentée : 2,3 millions d’habitants*
Masses d’eau : 28 masses d’eau souterraine profondes
État des lieux en 2019 :
79 % en bon état quantitatif
100 % en bon état chimique
* sur la base d’un équivalent habitant = 250 litres/jour/habitant

AEAG BRGM Cycle Eau Souterraine

AEAG BRGM Hydrobiologie Eaux Souterraines

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